L’église Saint-Côme et Saint-Damien

L’église Saint-Côme et Saint-Damien

L'église est dédiée aux Saints Côme et Damien, deux frères jumeaux natifs d'Arabie où ils exerçaient la médecine gratuitement. Victimes des persécutions sous Dioclétien, ils furent décapités en 285. Ils sont les patrons des médecins, chirurgiens et pharmaciens.

L’église qui précède l’édifice actuel, construite au XIVe siècle, a été ruinée par une guerre intestine, quand Antoine, comte de Vaudémont, voulut accaparer la succession du duché aux dépends de René Ier d’Anjou, gendre du duc Charles II qui venait de s’éteindre. La guerre de Succession de Lorraine prit fin avec le traité de Reims en 1441 et Antoine renonça à son ambition.

Par une ordonnance en date du 20 janvier 1430, Ferry II enjoint à tous les villages du comté de faire les voitures nécessaires pour bâtir une nouvelle Eglise et donne à prendre dans ses forêts tous les bois nécessaires à la construc­tion d’icelle ; que même l’on prendra toutes les pierres qui seront néces­saires aux pierreries de Viterne qui seront payées par chacun pied un gros à prendre dans la recette du dit comté. — Viterne avait de vastes carrières d’où furent extraits les matériaux de construction de la Cathédrale de Toul et de l’Eglise de Saint-Nicolas-du-Port. Les fondements furent commencés et la première pierre fut posée par le comte Ferri Il, le 20 avril 1438. Les travaux furent interrompu presque aussitôt à cause de la guerre. Ils ne reprirent qu’une trentaine d’année plus tard, sous le règne de René II.

La construction fut menée sous la vigilance du clerc Nicolas Basin, titulaire de la cure de Vézelise pendant une trentaine d’années. En 1514, le pape Léon X édicta une bulle d’indulgences perpétuelles pour l’achèvement et l’ameublement de l’église. L’édifice fut achevé en 1520 et consacré par le cardinal Jean de Lorraine le 6 mai 1521, en la présence de son frère, le duc Antoine.

La chronologie des restaurations montre que les habitants de Vézelise ont toujours pris soin de leur église, notamment pour deux des secteurs les plus fragiles : la toiture et les vitraux.

En 1726, la flèche est abattue par la foudre. Elle sera reconstruite en 1867. À la Révolution, le maire de la ville achète l’orgue de l’abbaye lorraine de Beaupré qui est condamnée à disparaître.

En 1881, le clocher est réparé. En 1885, les tuiles de la toiture sont remplacées par des ardoises, plus légères.

En 1893, la sacristie est agrandie.

Enfin, en 1907, l’église Saint-Côme et Saint-Damien est classée Monument historique. L’entretien continue avec la restauration générale des toitures et des maçonneries en 1922-1932.

En 1939, les verrières Renaissance sont mises à l’abri près de Bordeaux.

En 1940, les bombardements du 18 juin provoquent quelques dégâts légers. Néanmoins, il faut réparer la couverture sur le côté nord. La repose des vitraux a lieu dès 1947. Enfin, la flèche est remise en état à deux reprises : 1953 et 1961-1962.
L’église Saint-Côme-et-Saint-Damien est un témoin du gothique flamboyant lorrain, un style qui est resté assez frustre. Néanmoins, le visiteur pourra admirer, sur la façade sud-est un beau portail conçu dans les années 1510 et, surtout, une magnifique verrière Renaissance dans l’abside et le transept. Cette verrière, qui s’étale actuellement sur sept baies, a connu une histoire chaotique. C’est l’une des plus belles verrières Renaissance de la Lorraine.

L’église de Vézelise est homogène et appartient au style ogival tertiaire ou flam­boyant. Ce style est caractérisé, ici comme ailleurs, par la forme des nervures qui sont en général prismatiques et très anguleuses, et par l’absence des chapiteaux, par l’enlacement et la multiplicité des nervures sillonnant les voûtes et des meneaux divisant les fenêtres. Toutefois, ce style n’a pas en Lorraine le même caractère que dans plusieurs autres contrées. Il est parfois, comme à Vézelise, d’une sobriété extrême et n’atteint pas, il s’en faut, la splendeur de développement et l’épanouis­sement presqu’excessif qu’il a reçu ailleurs et qui lui a fait donner ce nom de ogival flamboyant.

Les guerres fréquentes dont la Lorraine fut le théâtre et la misère qui en résulta donnèrent lieu à cet amoindrissement de l’art ogival.

On s’efforça de construire au meilleur marché possible et on simplifia les ornements et les motifs de décoration. Toutefois, il s’éleva ici et là de beaux et majestueux édifices. L’église de Vézelise est un des plus remarquables. Beaucoup d’églises de notre Lorraine ont été bâties à cette époque. On en compte un certain nombre dans le Saintois, entre au­tres celles de Frolois, Goviller, Pulligny, Houdreville, etc…

Le plan de l’église est un rectangle terminé par une abside penta­gonale.

La partie rectangulaire comprend une nef principale accompagnée de deux nefs latérales.

On y compte cinq travées, dont une plus large pour le transept. Ce transept qui fait avant- chœur n’est indiqué que par l’élévation des voûtes des bas-côtés, qui, à cet endroit, atteignent la hauteur de la nef centrale. La grande nef se termine par une abside pentagonale qui forme le chœur et le sanctuaire.

Les dimensions pour la nef et le transept sont:

29 mètres de longueur; 17m,10 de largeur; 15m,30 de hauteur jusqu’à la clef de voûte dans la maîtresse nef et 7m,10 dans les bas-côtés. L’abside a 6m,20 de profondeur sur 8m,70 de largeur.

En sorte que la longueur totale serait 35,20m, auxquels il faut encore ajouter la profondeur du vestibule qui fait chapelle sous la tour. Ce ves­tibule maintenant fermé, était autrefois un passage voûté ouvert de chaque côté comme l’indiquent encore les larges baies que l’on a maçon­nées depuis, sauf à y laisser deux petites portes d’entrée surmontées chacune d’une fenêtre s’encadrant dans le tympan de ces deux grandes baies.

Au-dessus de ce vestibule, actuellement chapelle dédiée à la Sainte-Vierge, s’élève la tour, à l’aspect de l’Occident (car l’église est orientée suivant la tradition chrétienne), au milieu du pignon de face. Cette tour présente six étages assez nus, le dernier seulement est percé de quatre fenêtres ogivales géminées, analogues à celles de l’église.

Cette tour supporte une flèche, très élancée, en charpente, recouverte d’ardoises s’élevant à une hauteur totale d’environ 63 mètres, la tour comptant elle seule 35 mètres.