LES HALLES

Les Halles

Le groupe formé par les Halles avec leur impressionnante charpente de chêne supportant d’ immenses greniers, flanquées d’ une part de l’HOTEL DE VILLE, d’autre part de l’ancien AUDITOIRE DU BAILLIAGE, est l’ensemble monumental le plus typique et le plus connu à VEZELISE.

En février 1599, le duc Charles III décide la construction des halles et de l’auditoire.

Une structure imposante

Il confit la tâche à Nicolas La Hire, maître et conducteur des bâtiments de son Altesse, dont la première œuvre, l’hôtel de Lillebonne à Nancy, est encore visible actuellement.

Cependant, Nicolas La Hire laissa le soin de dresser le plan de la halle proprement dite, entièrement construite en bois, à un spécialiste, Maître Claudin Philippe, charpentier de Vézelise. Dans les archives départementales sont retrouvés par Jean-Pierre André deux documents important ; le 1er concerne le  coût des travaux ainsi qu’une présentation du projet, tandis que le 2nd, les matériaux nécessaires aux travaux.

Ainsi les dimensions du projet pour l’ensemble du bâtiment (halle + auditoire) sont indiqués comme tel: 150 pieds (42m) de longueur sur 46 pieds (13m) de largeur. C’est l’exact surface occupée de nos jours par les halles de bois (jusqu’à l’escalier de l’hôtel de ville) et l’auditoire (ancienne Justice de Paix).

L’auditoire sera bâti en maçonnerie et pierre de taille. Le rez-de-chaussée s’ouvrira sur l’extérieur par quatre entrée en arcades. À l’intérieur se tiendront 16 boutiques “pour bouchiers et autres marchands”. Les dites boutiques s’ouvriront par une arcade, seront surmontées d’un plancher et “d’une toiture basse couverte de tuiles”.

L’emplacement resté libre au centre de ce rez-de-chaussée “servira pour y peser et décharger toutes marchandises sujettes au poids”. 

L’étage sera réservé à accueillir l’auditoire proprement dit, avec une grande salle pour les audiences et une petite chambre annexe. La grande salle sera éclairée par quatre fenêtres, la petite par trois. Au-dessus, “il sera aussi un grenier pour y retirer les grains de vente ou pour telle autre commodité auquel il y aura une porte et sept petites fenêtre de 3 pieds de haut et 1 pied 3/4 de large, le tout en pierre de taille”. L’ensemble de l’édifice, du sol jusqu’à l’amorce de la toiture mesurera 35 pieds (9.80m) de hauteur.

Cependant, le centre de Vézelise, en cette fin du XVIème siècle, n’avait pas la même configuration que de nos jours. Cinq maisons se dressaient à l’emplacement de l’auditoire, forts anciennes pour au moins quatre d’entre elles. Le duc décida de les faire exproprier. Les matériaux récupérés de leur démolition et des anciennes Halles furent vendues aux enchères.

8000 clous doubles, 8000 clous simples

L’impressionnante liste des matériaux pour la construction de la charpente est la suivante:

“21 pièces de bois de chêne de 30 pieds de haut, 1 pied 1/2 au carré” pour les eustaches (piliers).

12 pieds de chêne de 30 à 40 pieds de long (une dizaine de mètre chacun) pour les 40 arbaletriers.

6 pièces de chêne de même longueur, pour servir à faire les montants faisant séparation des fenestres de la halle, au-dessus pour éclairer les greniers. 

Enfin 13 pièces de chêne, toujours de 30 à 40 pieds, tant pour supporter lesdits montants que pour les traverses du plancher.”

Si tout ce bois pouvait être coupé dans les forêts du comté de Vaudémont,  d’autres pièces devaient être acheté et importé de Bayon:

“3 voiles de planches pour lattes et planchers, 

37 sommiers de sapin, 100 traveteaux de sapin de 14m de long”

De même était prévu de faire venir de Nancy et Saint-Nicolas-de-Port “150 chevrons de sapins de 40 pieds et 200 planches de chênes pour fermer les accoustoires de la halle en haut”

La mise en place de cette énorme structure nécessita “4 cents de broches de fer, grandes et moyennes, 8000 clous doubles et 8000 clous simples, plus de 450 livres de barreaux qui furent posés à 3 des croisées éclairant la grande salle de l’auditoire.”

Il y eut sans aucun doute des difficultés financières, car trois ans plus tard, le duc donnait à deux bourgeois de la ville, Gérard Gravelle et Claudin Barbanson, venus le solliciter au nom des habitants, la somme de 400 F “pour employer au bâtiment et érection de la galle nouvellement érigée à Vézelise et signamment au parachèvement de l’auditoire”.

Sources: Histoire méconnue du canton de Vézelise  de Bernard PERRIN