L'HISTOIRE DE VÉZELISE

L'histoire de Vézelise

Vézelise se situe à une petite trentaine de kilomètres au sud de Nancy, au cœur du pays du Saintois ; la commune en est d’ailleurs la capitale. Son surnom de « pot de chambre de la Lorraine » reflète sa situation topographique : Vézelise est située dans un creux, à l’endroit du confluent du Brénon et de l’Uvry.

Retour sur les faits qui ont construit l’histoire de Vézelise:

Blason de la ville de Vézelise:

                                                   Ecartelé aux 1 et 4 burelé d’argent et de sable de dix pièces
                                  et aux 2 et 3 d’azur à trois moutoilles d’argent rangées en fasce, l’une sur l’autre

Vézelise fut capitale du comté de Vaudémont, fief des cadets de la famille ducale de Lorraine. C’est à ce titre que les armoiries de la ville reprennent celles des comtes de Vaudémont. Les moutoilles, sont des petits poissons qui peuplent les eaux du Brenon qui traverse Vézelise.

  • Écartelé : Qualifie l’écu partagé par une ligne horizontale et une ligne verticale, qui se coupent à angle droit, déterminant quatre quartiers. Lorsque les lignes sont diagonales, on parle d’écartelé en sautoir.
  • Burelé : Nom que prend le fascé lorsque le nombre de ses divisions est égal ou supérieur à dix. On doit spécifier le nombre des burelles.
  • Fascé : Qualifie l’écu et les figures divisés horizontalement en un nombre pair de parties égales et d’émaux alternés. Si ce nombre est supérieur à dix, on dit burelé..
  • Argent : Émail de couleur blanche (métal).
  • Sable : Émail de couleur noire.
  • Pièce : Nom générique donné aux figures géométriques obtenues par la division de l’écu au moyen de lignes horizontales, verticales ou diagonales, le partageant en un nombre impair de parties.
  • Fasce : Pièce délimitée par deux lignes parallèles traversant l’écu horizontalement.

Les faits historiques:

965: Le premier document qui mentionne Vézelise date de 965. L’empereur Othon I° y précise que la cure de Vézelise a été donnée à l’abbaye de Bouxières-aux-Dames.

1071: Vézelise acquiert de l’importance après 1071, date de la création du comté de Vaudémont au profit de la branche cadette de Lorraine.
Les comtes édifient un château au confluent du Brénon et de l’Uvry. Vézelise devient leur capitale. Par la suite ils entourent la ville de remparts.

Entre 1425 et 1439: La ville de Vézelise est “mise en ruyne” par la guerre de succession que mène Antoine de Vaudémont.

En 1473:  le comte René hérite du trône de Lorraine, le comté de Vaudémont perd alors son indépendance.

L’acte de cession est signé au château de Vézelise le 2 août 1473. Mais les ducs continuent à fréquenter le château et Vézelise reste siège d’un bailliage de 86 villages.

XIV° - XV° - XVI° et XVII° siècles: Des notables assurent les fonctions administratives et judiciaires.

La vie économique est animée par une vingtaine de corporations (bouchers, boulangers, huiliers, merciers …) et la vie religieuse par les confréries.

Les halles abritent foires et marchés ainsi que troupes de passage.

Les affaires se plaident à l’auditoire de justice. La prison, le pilori ou la potence attendent les condamnés à Vézelise même.

La construction de l’église, commencée sous Ferri II de Vaudémont en 1458, est interrompue par la guerre entre Lorraine et Bourgogne (1475-1477) au cours de laquelle Vézelise est dévastée par les armées bourguignonnes.

L’architecture des XV° et XVI° siècles fait encore la renommée de Vézelise : Eglise gothique saint-Côme et saint-Damien (consacrée en 1521) ; Hôtel de Tavagny (1546) et Hôtel du bailliage (1561) inspirés de la Renaissance italienne ; Halles de bois reconstruites en 1599, ainsi que plusieurs maisons particulières du centre-ville.

Dans le cadre de la réforme catholique soutenue par les ducs de Lorraine plusieurs congrégations s’implantent à Vézelise :

  • Les Minimes en 1614 sur une fondation de Didier VIRION, secrétaire de Charles III, puis ambassadeur en Espagne et à Rome
  • Les Sœurs de Notre-Dame, vouées à l’instruction des filles, en 1629
  • Les Capucins en 1633.

Un nouvel hôpital est construit en 1626 où exerceront les sœurs de Saint-Charles.

De graves épidémies de peste (1609, 1625, 1630) puis la guerre de trente ans sèment la terreur et déciment la population.

Le démantèlement du château commence en 1636 sur l’ordre de Richelieu, mais en 1666, le duc Charles IV cède à la congrégation Notre-Dame les bâtiments qui ont échappé à la démolition. La pauvreté ne rebutait pas les postulantes telles que Charlotte (1632) et Claire de Tavagny (1650), Louise (1687) et Marguerite Virion (1689), Marie-Thérèse Bourcier (1699) et bien d’autres.

1697: Après une soixantaine d’années d’occupation française, la Lorraine retrouve son indépendance en 1697 par le traité de Ryswick.

1701: Le duc Léopold favorise la reprise économique.
Il confie à Jean-Léonard BOURCIER, avocat, président de la Cour, la rédaction du Code Léopold

1717 - 1723: Vézelise fait face à diverses intempéries : inondations du 5 décembre 1717, grande sécheresse de 1723.

1726: La foudre tombe sur le clocher le 30 mai 1726 ; les flammes sont maîtrisées après 4 heures de lutte ; le prévôt et les échevins décident un pèlerinage de reconnaissance à Notre-Dame de Sion ; cette procession se renouvellera chaque année jusqu’à la fin du XVIII°.

De 1735 à 1744: Un hôtel de Ville est édifié (1735) contre les halles, du côté de la place de la Pomme d’Or. L’auditoire de justice est reconstruit dans le même style en 1764.
De belles maisons bourgeoises sont bâties ; la ville commence à se développer hors les murs.
Par souci d’hygiène, il est interdit d’inhumer “aucune personne” dans l’église (1738).
L’abattage des animaux ne se fera plus sous les halles, un abattoir est construit en 1744 entre le château et le Brénon.

1766: L’année même du rattachement de la Lorraine à la France, Jean SALLE crée une manufacture de toiles de coton qui emploiera jusqu’à 150 personnes et méritera le titre de “manufacture privilégiée du roi”.

1789: L’un des fils de Jean SALLE, Jean-Baptiste, qui exerce alors la médecine à l’hôpital, est élu député et rédige les cahiers de doléances du bailliage. Pris dans la tourmente révolutionnaire, il sera guillotiné en 1794.

1790: Vézelise qui compte 1900 habitants, devient chef-lieu de district du département de la Meurthe

1791: Les 10 prêtres ou religieux domiciliés à Vézelise prêtent le serment constitutionnel.
Le couvent des Minimes est vendu au baron POUGET.
Le couvent des Capucins est également vendu. Il sera racheté par les frères de la Doctrine Chrétienne en 1822 pour en faire un collège puis un noviciat, et revendu à des Cisterciennes en 1867.
Les sœurs de Notre-Dame expulsées se dispersent. Elles rejoignent leur ancien couvent en 1820 et quittent Vézelise définitivement pour Lunéville en 1850.

1792: La commune rachète l’orgue de l’abbaye de Beaupré.

En 1813: Des soldats de la Grande Armée “blessés ou fiévreux” (typhus) sont hospitalisés à Vézelise ; 83 y succombent, selon l’indication gravée sur le “monument des canons”.

1863: Quand Antoni MOREAU ouvre une petite brasserie sur l’Uvry en 1863, il n’imagine pas que son entreprise fonctionnera 108 ans, emploiera 200 personnes, produira jusqu’à 175.000 hectolitres par an et exportera en Afrique Occidentale Française et à Madagascar.

La ligne de chemin de fer Nancy-Vézelise (1872) et Vézelise-Mirecourt (1881) a été tracée pour desservir les brasseries de Tantonville et de Vézelise. Sa mise en service provoque la disparition de la diligence qui ralliait Nancy. Par contre un omnibus hippomobile assure la liaison entre le centre-ville et la gare.

Victime d’un vaste mouvement de regroupement, la Brasserie de Vézelise a cessé toute fabrication en 1972.

Aujourd’hui, Antoni MOREAU, est considéré comme un des pères de la brasserie française, et connu comme un des fondateurs de l’école de brasserie de Nancy, organisme qui deviendra l’IFBM.

En 1870: L’armée prussienne envahit la ville. Un groupe de francs-tireurs capture 8 soldats prussiens qui sont finalement libérés pour éviter les représailles, mais la commune est taxée de 100.000 francs or.

1914 - 1918: Située à l’arrière du front, Vézelise sert de lieu de cantonnement et de soins aux blessés.
Le général PÉTAIN y tient un conseil de guerre en février 1916, à la veille de la bataille défensive de Verdun.

Les noms des 70 Vézelisiens, jeunes pour la plupart, qui ont été tués pendant la grande guerre, sont cités à chaque commémoration patriotique.

1940 - 1945: Les bombardements de juin 1940 font 46 morts, démolissent 10 immeubles, en endommagent 20 autres, ouvrant l’espace à la future rue Marcel ASTORG. Vézelise est occupée du 20 juin 1940 au 2 septembre 1944 par l’armée allemande.

De 1950 à nos jours: L’extension urbaine s’est poursuivie après 1950 (maisons individuelles, collège, école élémentaire, HLM, lotissements, résidence des Trois Fontaines …). Quant au centre-ville, à part des élargissements de ponts et de carrefours, sa structure n’a connu qu’un gros changement : la création de la rue Marcel ASTORG prolongée du pont sur l’Uvry. L’étroitesse et la sinuosité des rues sont héritées du Moyen Âge.

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